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L’assistante maternelle de ma petite sœur a-t-elle le droit de porter un pendentif religieux autour du cou ?

Les parents et les assistantes maternelles ont le droit de choisir et pratiquer leur religion. Mais, la pratique de cette religion ne doit pas remettre en cause les bonnes conditions d’accueil des enfants. Une assistante maternelle est une salariée du privé qui exerce son métier à son domicile, elle n’est donc pas soumise au principe de neutralité. Mais dans la mesure où une partie de son domicile est aussi un espace professionnel pendant le temps d’accueil des enfants, elle doit pouvoir faire des compromis, en accord avec le parent qui est son employeur.
Porter un pendentif religieux ou avoir des objets religieux dans son domicile, en général cela ne pose pas de problème. Prier pendant le temps d’accueil des enfants peut être considéré comme relevant du prosélytisme, même si pendant les siestes, le professionnel peut vaquer à ses occupations, même s’il reste toujours responsable des enfants et disponible.
Le plus simple c’est que parents et assistante maternelle en discutent : c’est le meilleur moyen de trouver un compromis et de désamorcer les craintes.
Pour en savoir plus, consultez "Différences culturelles et religieuses. Parlons-en !" Guide édité par l'Union nationale des associations familiales (UNAF) et l’Observatoire de la laïcité pour les parents et assistants maternels

Et à la crèche ?

Dans une crèche publique, ou chez les assistantes maternelles employées par une crèche familiale gérée par une collectivité territoriale, les personnes qui s’occupent des enfants sont des agents publics, elles sont donc dans l’obligation de respecter une neutralité religieuse. Dans une crèche privée, le personnel n’est pas soumis au principe de neutralité, et l’employeur ne peut pas a priori interdire le port de signes ou de vêtement religieux. Néanmoins, l’employeur peut apporter des restrictions à la liberté du salarié si ces restrictions sont justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché (par exemple pour des raisons d’hygiène, de sécurité ou d’organisation du service). Ces restrictions ne doivent pas être abusives, ni générales. Elles doivent figurer dans le règlement intérieur de l’entreprise. L’affaire dite de la Crèche « Baby-loup » est une bonne illustration de ce qui peut être interdit ou autorisé dans une crèche privée, au nom du principe de laïcité. Dans cette affaire, une salariée, licenciée au motif qu’elle refusait d’ôter son voile et qu’elle ne respectait donc pas le règlement intérieur de la crèche, a saisi la justice car elle s’estimait victime d’une discrimination à raison de ses convictions religieuses.

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